Pourquoi la Fondation Amanjaya existe-t-elle ?

L’éducation : une clé nécessaire pour sortir de la misère

L’économie contemporaine repose sur des échanges de richesses à large échelle, dont les standards sont fixés par les pays développés. L’intégration économique d’un pays du Sud repose sur sa capacité à se rapprocher de ces standards et à les appliquer. Pour cela, la seule richesse immédiatement disponible est celle des hommes, qui ne peut être exploitée que si elle est portée au niveau requis grâce à une éducation appropriée. La mondialisation devient alors une chance, par l’étendue plus grande des opportunités d’emploi qu’elle permet d’atteindre.

L'éducation est ainsi la clé de toute activité économique et de tout développement.

Au niveau individuel, la formation et souvent le diplôme qui la sanctionne sont partout le passeport nécessaire pour l'emploi.
Dans un pays développé cependant, seule une compétence exceptionnelle suffit à assurer un emploi, et la société doit souvent lutter pour ramener chacun de ses exclus à un niveau de vie nécessairement coûteux.
La même formation offerte par à un individu d'un pays pauvre a un tout autre impact: répondant à un besoin réel, elle permet la création d’un emploi qualifié, c'est-à-dire d’un revenu largement supérieur à la moyenne, qui d'abord sort toute une famille de la pauvreté, puis rayonne sur une communauté. C'est aussi un degré gagné pour la croissance, qui marche à la mesure exacte des compétences dont elle se nourrit.

Depuis 1990 le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) a adopté pour référence du progrès des nations l’Indice de développement humain (IDH), calculé non plus seulement sur la base de la richesse du pays – comme le faisait le Produit national brut (PNB) –, mais aussi sur l’espérance de vie et sur une mesure des conditions globales d’éducation.

Un droit fondamental largement bafoué

L'éducation n'est pas seulement un facteur nécessaire de développement.
Donnant écho à la Déclaration universelle des droits de l’homme, le texte fondateur de l’Éducation Pour Tous réaffirme dans son préambule que « l’éducation est un droit fondamental pour tous, femmes et hommes, à tout âge et dans le monde entier ».
Or ce droit est ostensiblement bafoué dans de nombreux pays, soit que les coûts directs ou indirects interdisent l'accès à l'école, soit que la qualité de celle-ci ne réponde pas aux besoins de la société et des individus.

Le facteur économique est le premier en cause. Au Cambodge par exemple, où l’école est obligatoire et théoriquement gratuite durant 9 ans, la durée moyenne réelle de scolarité est de 7,9 ans pour les garçons et 6,5 ans pour les filles. Les écoliers qui ne peuvent contribuer financièrement au fonctionnement de l’école doivent y renoncer. Ainsi 7% des jeunes fréquentent le lycée, 2,4% obtiennent le baccalauréat et 0,8% poursuivent des études supérieures .

Plus encore que pour l’éducation primaire, l’accès aux études secondaires et supérieures reste très difficile et hors de portée des pauvres.

Comme le souligne le rapport 2005 « Education pour tous » de l’UNESCO c’est aussi la qualité de l’éducation qui est en cause.
Les efforts des institutions nationales sont limités par des budgets insuffisants.
La plupart des établissements existants, privées, proposent à prix élevé et sans réelle garantie des diplômes qui n’assurent pas d’emploi :
- parmi des dizaines de milliers de diplômés du supérieur chaque année au Cambodge, un sur dix trouve un emploi qualifié tandis que les entreprises peinent à trouver les compétences réelles dont elles ont besoin.
- aux Philippines, deux ans d’études supérieures permettent d’être caissière, quatre ans d’intégrer un centre d’appel si l’on est chanceux... et à Cebu, au moins 2000 emplois plus qualifiés ne sont pas pourvus faute de candidats adéquats.

Notre devoir de solidarité commence par un plus juste partage de l’accès à l’éducation.